France : LFI saisit le Conseil d’État contre son classement à l’extrême gauche

 

Le mouvement La France insoumise engage une bataille juridique. Sa présidente de groupe à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, annonce un recours devant le Conseil d’État pour contester son classement administratif à « l’extrême gauche ».

La procédure vise une décision du ministère de l’Intérieur dirigé par Laurent Nuñez. Selon Mathilde Panot, le mouvement était auparavant rattaché au bloc « gauche » lors des précédentes élections. Elle dénonce un changement qu’elle juge infondé et politiquement orienté.

L’élue défend une différence stratégique avec les formations traditionnellement associées à l’extrême gauche. Elle insiste sur le choix de son parti d’investir les institutions et de privilégier l’action électorale. Pour elle, les arguments avancés par l’administration, comme les appels à censurer le gouvernement ou la présentation de listes concurrentes face à des maires socialistes, ne justifient pas cette reclassification. Elle réclame qu’une autorité indépendante soit chargée de ce type de décision.

Le débat a pris une dimension politique supplémentaire après l’intervention du président Emmanuel Macron. Sur Radio J, le chef de l’État a soutenu la qualification d’« extrême gauche ». Il estime que certaines prises de position de LFI, notamment sur la question de l’antisémitisme, contreviennent selon lui à des principes fondamentaux de la République.

Ces accusations sont rejetées par le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard. Il affirme qu’il n’appartient pas au président de classer ses adversaires politiques et souligne qu’aucun militant du parti n’a été condamné pour antisémitisme.

En saisissant la plus haute juridiction administrative, LFI cherche donc à faire trancher le différend sur le terrain du droit. Au-delà de la question sémantique, l’enjeu porte sur l’image politique du mouvement et sur son positionnement officiel dans le paysage partisan français.

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