L’Algérie et le Niger tournent la page de la froideur diplomatique

 

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune annonce la fin d’une phase de tensions avec le Niger. Il s’exprimait à Alger aux côtés de son homologue nigérien Abdourahamane Tiani, au terme d’un entretien officiel au palais présidentiel.

Selon le chef de l’État algérien, cette visite marque un nouveau départ. Il affirme que les deux pays mettent fin à une période de refroidissement qualifiée d’inhabituelle dans leurs relations, même si les liens entre les peuples n’ont jamais été rompus. Pour Alger, cette rencontre consolide une fraternité ancienne entre deux États voisins.

Sur le fond, les deux dirigeants disent s’être accordés sur un renforcement de la coopération stratégique. Les discussions ont porté sur la sécurité, l’énergie, les hydrocarbures et l’électricité. Ils ont également évoqué la formation professionnelle, universitaire et militaire. L’objectif affiché est clair : structurer un partenariat durable et élargir les domaines d’action commune.

Un projet majeur refait surface : le gazoduc transsaharien. Sonatrach pilotera la réalisation du pipeline sur le tronçon nigérien après le mois de ramadan, selon Alger. Cette infrastructure doit transporter le gaz nigérian vers l’Europe en traversant le Niger et l’Algérie. Le chantier est présenté comme un levier d’intégration énergétique régionale.

La lutte contre le terrorisme figure aussi au cœur des échanges. Abdelmadjid Tebboune insiste sur une convergence totale de vues entre les deux capitales. Il promet de mettre l’expertise algérienne au service d’une coopération renforcée dans ce domaine sensible, dans un contexte sahélien marqué par l’instabilité.

De son côté, Abdourahamane Tiani affirme que sa visite traduit une volonté politique ferme de resserrer les liens entre les deux États et leurs gouvernements. Il salue la position d’Alger sur la souveraineté du Niger et sur ses choix internes. Une allusion directe à la crise née du renversement du président Mohamed Bazoum et aux débats autour d’une éventuelle intervention extérieure.

Le dirigeant nigérien estime qu’une nouvelle étape s’ouvre pour le Sahel. Chaque pays, dit-il, reste libre de définir sa trajectoire selon ses intérêts et ses convictions. À travers cette visite, Alger et Niamey affichent ainsi leur volonté de bâtir un axe stratégique plus solide, avec l’ambition d’en faire un modèle de coopération régionale.

Shares: