Portugal : Antonio José Seguro élu président, large revers pour l’extrême droite

 

Le socialiste modéré Antonio José Seguro a remporté largement, dimanche, le second tour de l’élection présidentielle au Portugal face au candidat d’extrême droite André Ventura. Selon des résultats portant sur 95 % des circonscriptions, il obtient 66 % des suffrages contre 34 % pour son adversaire.

Âgé de 63 ans, ancien secrétaire général du Parti socialiste, Antonio José Seguro succédera officiellement le 9 mars au président sortant Marcelo Rebelo de Sousa, qui achève dix années à la tête de l’État. Son élection marque un net rejet de l’option portée par le parti Chega, devenu ces dernières années la principale force d’opposition parlementaire.

Dans sa première réaction, le président élu a salué « la réponse donnée par le peuple portugais » et son attachement aux valeurs démocratiques et à la liberté. Il s’était présenté comme un candidat de rassemblement, mettant en garde contre les risques politiques et institutionnels qu’aurait représentés une victoire de l’extrême droite.

La victoire de Seguro a suscité de nombreuses réactions internationales. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué un choix en faveur des valeurs européennes communes, tandis que le président français Emmanuel Macron a félicité le nouveau chef de l’État et appelé au renforcement des relations entre Paris et Lisbonne.

Revenu sur le devant de la scène politique après près de dix ans de retrait, Antonio José Seguro avait terminé en tête du premier tour avec 31,1 % des voix. Il a ensuite bénéficié de soutiens venus de la gauche, du centre et de certaines figures de la droite, malgré la neutralité affichée par le Premier ministre Luis Montenegro, à la tête d’un gouvernement minoritaire.

De son côté, André Ventura, 43 ans, reconnaît une défaite mais entend poursuivre son combat politique. Sa qualification pour le second tour, avec plus de 23 % des voix au premier, confirme toutefois l’ancrage durable de l’extrême droite dans le paysage politique portugais.

Bien que le rôle du président soit essentiellement arbitral, le nouveau chef de l’État devrait jouer un rôle central dans un contexte politique marqué par l’absence de majorité parlementaire. Il dispose notamment du pouvoir de dissoudre l’Assemblée et de convoquer des élections législatives anticipées.

Malgré les tempêtes meurtrières qui ont perturbé la campagne et conduit au report du scrutin dans plusieurs circonscriptions, la participation électorale est restée proche de celle du premier tour, confirmant une mobilisation élevée par rapport aux précédentes présidentielles.

 

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