La Présidence de la Refondation de la République de Madagascar a réagi à l’accueil officiel accordé par le Royaume d’Eswatini à Andry Rajoelina, ancien président déchu. Dans un communiqué rendu public, ce samedi sept février, les autorités malagasy dénoncent un acte jugé attentatoire à la souveraineté nationale et contraire aux principes de justice et de responsabilité.
Pour Antananarivo, cette réception officielle constitue une forme de légitimation diplomatique inacceptable. Les autorités rappellent que l’ancien chef de l’État fait l’objet d’un mandat d’arrêt international et qu’à ce titre, aucun État ne devrait lui offrir une reconnaissance officielle sur la scène régionale. Elles estiment qu’un tel geste traduit un mépris envers un peuple qui, selon elles, a été privé de ses droits fondamentaux sous son régime.
Le communiqué insiste également sur la situation juridique de Andry Rajoelina. Il est rappelé qu’il ne possède plus la nationalité malagasy, l’ayant volontairement perdue après l’adoption d’une autre nationalité. Toute tentative de le présenter comme une figure représentative de Madagascar est donc qualifiée de juridiquement infondée et politiquement inacceptable, lit-on dans le communiqué.
La Présidence de la Refondation souligne la gravité du contexte dans lequel intervient cette visite. Le communiqué rappelle que Andry Rajoelina occupait encore les fonctions de chef de l’État pendant les événements tragiques de septembre et octobre 2025, qui ont coûté la vie à une trentaine de citoyens. Ces épisodes restent profondément ancrés dans la mémoire nationale et sont associés, selon les autorités, au sacrifice de nombreux jeunes ayant contribué à son éviction du pouvoir.
Alors que Madagascar s’est engagé dans un processus de retour au calme, à la stabilité et à la réconciliation nationale, l’accueil réservé à l’ancien président est perçu comme un facteur de déstabilisation. Les autorités estiment que ce geste fragilise les efforts en cours, notamment la concertation nationale et le processus de restauration de l’ordre constitutionnel, appuyés par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Elles regrettent qu’un État membre de cette organisation adopte une position jugée contraire aux dynamiques régionales de paix et de confiance.
Dans un ton particulièrement ferme, la Présidence considère que cette réception officielle, organisée par une monarchie absolue et en dehors de toute considération démocratique, est vécue par le peuple malagasy comme une insulte à la mémoire des victimes et à la dignité nationale.
Face à la situation, une lettre officielle a été adressée au Secrétariat de la SADC ainsi qu’au président sud-africain Cyril Ramaphosa, afin de porter ces préoccupations au niveau régional.


