L’OMS se recentre face à ses difficultés financières et au retrait américain

 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a traversé l’an dernier une période particulièrement difficile, marquée par le retrait annoncé de son principal contributeur, les États-Unis. Cette situation a toutefois offert l’occasion à l’institution de se recentrer sur ses priorités, a déclaré lundi 2 février son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Après son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, le président américain Donald Trump avait annoncé une réduction drastique de l’aide extérieure et prévu le retrait des États-Unis de l’OMS, effectif un an plus tard. D’autres pays ont également diminué leur soutien financier à l’organisation.

« L’année écoulée a été indéniablement l’une des plus difficiles de l’histoire de l’OMS », a affirmé Tedros lors de l’ouverture d’une réunion du Conseil exécutif à Genève. Les coupes budgétaires ont contraint l’organisation à réduire ses effectifs. Au 31 janvier, 1.241 postes avaient été supprimés, tandis que 1.162 membres du personnel ont quitté l’organisation dans le cadre de départs volontaires ou de retraites.

Le directeur général a qualifié ce processus de « douloureux mais nécessaire » pour définir les priorités et réaligner l’institution. « Nous avons atteint une stabilité et nous allons de l’avant », a-t-il souligné, considérant la crise comme une opportunité de bâtir une OMS plus efficace et concentrée sur sa mission essentielle.

Pour réduire sa dépendance aux contributions volontaires, Tedros a appelé les États membres à augmenter progressivement leurs cotisations obligatoires. Une deuxième hausse de 20 % a été validée en mai 2025, mais l’objectif est de porter les contributions obligatoires à 50 % du budget de base d’ici 2031, contre 14 % en 2022.

Le Conseil exécutif doit cette semaine examiner les notifications de retrait des États-Unis et de l’Argentine. Selon Israël, ce retrait doit inciter les pays à réfléchir à « l’avenir et à la raison d’être » de l’OMS. La Bulgarie, au nom de l’UE, a rappelé que la santé mondiale traverse un « tournant critique » face aux conflits, crises humanitaires et changements climatiques, qui exercent une pression sans précédent sur les systèmes de santé.

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