Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a vivement critiqué la présence militaire des États-Unis dans le golfe Persique. Il accuse Washington de vouloir imposer à Téhéran la conduite de ses activités militaires à proximité de ses propres frontières.
Dans une publication diffusée sur le réseau social X, le ministre a insisté sur l’éloignement géographique entre les deux pays. Il a joint une carte mettant en évidence la distance séparant l’Iran des États-Unis et souligné la proximité immédiate de Téhéran avec le détroit d’Ormuz, axe maritime stratégique de la région.
Abbas Araghchi affirme que l’armée américaine, opérant au large des côtes iraniennes, cherche désormais à dicter la manière dont les forces armées iraniennes doivent s’entraîner sur leur propre territoire. Il juge cette posture contradictoire et provocatrice.
Le ministre s’en est également pris au Commandement central américain, qui a appelé au « professionnalisme » des forces iraniennes, alors que Washington et l’Union européenne classent le Corps des Gardiens de la Révolution islamique comme organisation terroriste. Selon lui, cette position illustre une incohérence manifeste, suivie par plusieurs gouvernements européens.
Abbas Araghchi soutient que le Corps des Gardiens de la Révolution islamique joue un rôle central dans la préservation de la paix et de la stabilité dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz. Il le présente comme une force militaire aguerrie, engagée aussi bien contre les groupes terroristes que contre les armées étrangères intervenant dans la région.
Il rappelle que la liberté de navigation et la sécurité du trafic commercial dans le détroit d’Ormuz sont essentielles pour l’Iran et les pays voisins. À ses yeux, la présence de forces extérieures a, au contraire, alimenté les tensions régionales et favorisé l’escalade plutôt que l’apaisement.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de renforcement du dispositif militaire américain dans le golfe Persique. Les relations entre Washington et Téhéran restent tendues, le président américain Donald Trump ayant annoncé l’envoi d’une importante flotte navale vers l’Iran.
De son côté, l’Iran a fait savoir qu’il organisera, début février, des exercices navals avec tirs réels dans le détroit d’Ormuz. Cette annonce intervient alors que les craintes d’un affrontement militaire persistent.
Le détroit d’Ormuz demeure un passage stratégique majeur, par lequel transite environ un cinquième du pétrole consommé à l’échelle mondiale.



