La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a salué les mesures engagées par les autorités de la transition en Guinée-Bissau pour favoriser un climat politique inclusif et relancer le processus de retour à l’ordre constitutionnel, à la suite du coup d’État du 26 novembre 2025.
Dans un communiqué publié samedi, l’organisation sous-régionale indique avoir pris acte d’une lettre adressée par le général Horta Inta-a, président de la transition, au président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio. Ce courrier détaille les initiatives mises en œuvre afin d’apaiser les tensions politiques et d’élargir la base de gouvernance durant la transition.
Parmi les mesures annoncées figure la mise en place d’un gouvernement de transition inclusif, intégrant six ministres issus des principaux regroupements politiques : trois représentants du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC) et trois du groupe dirigé par Fernando Dias. Dix représentants de ces deux formations doivent également siéger au Conseil national de transition, organe législatif provisoire.
Le président de la transition a aussi fait état du retrait de la demande visant le départ de la Mission de soutien à la stabilisation de la CEDEAO en Guinée-Bissau, une décision perçue comme un signal d’ouverture envers les partenaires régionaux. Le gouvernement mis en place immédiatement après le coup d’État était jusque-là majoritairement composé de militaires et de personnalités proches du président sortant Umaro Sissoco Embalo.
Sur la base de ces engagements, la CEDEAO a appelé l’ensemble des acteurs politiques à coopérer afin de garantir une transition pacifique et crédible devant conduire à des élections démocratiques. L’organisation a également exigé la libération complète et effective de Domingo Simões Pereira, ainsi que le respect des droits et libertés fondamentaux pour tous les citoyens.
Écarté de l’élection présidentielle du 23 novembre, Domingo Simões Pereira, leader du PAIGC, avait soutenu la candidature de Fernando Dias. Après 64 jours de détention, il a été placé en assignation à résidence le 30 janvier. Douze candidats, dont le président sortant Umaro Sissoco Embalo, étaient en lice lors du scrutin, qui s’était déroulé sans incident majeur.
Le 26 novembre, quelques heures avant la proclamation des résultats, des militaires ont annoncé l’arrestation du président Embalo, la suspension du processus électoral et la prise du pouvoir. Horta Inta-a a ensuite été désigné président de la transition par les putschistes. Umaro Sissoco Embalo a été autorisé à quitter le pays et s’est réfugié au Maroc, tandis que Fernando Dias, qui revendiquait une victoire dès le premier tour, avait trouvé refuge à l’ambassade du Nigeria avant de regagner son domicile le 30 janvier.
Dans son communiqué, la CEDEAO a réaffirmé son soutien au peuple bissau-guinéen, sans toutefois se prononcer sur la date de la présidentielle annoncée par les autorités de la transition pour le 6 décembre 2026.


