La Colombie a décidé de durcir les conditions d’importation des drones afin de faire face à la multiplication des attaques menées par des groupes armés contre les forces de sécurité. Un décret gouvernemental est entré en vigueur jeudi 29 janvier 2026.
Selon le ministère colombien de la Défense, cette mesure vise à limiter l’entrée de drones via le trafic postal et les envois express, jugés à haut risque pour la sécurité nationale. Désormais, tout drone importé devra obligatoirement transiter par les services douaniers de l’aéroport international de Bogota ou par le port de Carthagène, dans le nord du pays.
Le ministre de la Défense, Pedro Sanchez, indique qu’en 2025, au moins 8 000 attaques de drones piégés ont été recensées sur le territoire colombien. Ces offensives ont causé la mort de 20 personnes et fait 297 blessés, parmi lesquels des militaires et des civils.
Les services de renseignement estiment que des membres de la guérilla de l’ELN et des dissidents des ex-FARC, non signataires de l’accord de paix de 2016, ont bénéficié de formations dispensées par des mercenaires étrangers pour fabriquer des drones armés à faible coût.
Face à cette évolution de la menace, l’armée colombienne a présenté en octobre dernier son premier bataillon de drones défensifs. Le président Gustavo Petro a, de son côté, reconnu la nécessité d’investir plusieurs millions d’euros dans un système complet de défense antidrones.
Arrivé au pouvoir en 2022, Gustavo Petro avait engagé des discussions avec l’ensemble des groupes armés actifs dans le pays. À quelques mois de la fin de son mandat, aucun accord de paix n’a toutefois abouti, dans un contexte où ces groupes restent fortement impliqués dans le trafic de cocaïne, dont la Colombie demeure le premier producteur mondial.



