L’Ordre national des médecins du Bénin (ONMB) est sorti de son silence après la vague d’indignation suscitée sur les réseaux sociaux par le décès d’une jeune femme à la suite d’un accouchement au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé (CHUD/Ouémé). Dans un communiqué signé par son président, le Dr Abou Adégbindin, l’instance ordinale exprime sa compassion envers la famille endeuillée, tout en appelant à la retenue et au respect des voies légales.
L’ONMB indique avoir pris connaissance de cette affaire, survenue le 18 décembre 2025, à la suite de publications relayées en ligne, notamment un témoignage du veuf de la défunte publié le 25 janvier 2026. Celui-ci évoque une dégradation rapide de l’état de santé de son épouse après une césarienne, marquée par une hémorragie, une prise en charge qu’il juge tardive, une réintervention plusieurs heures plus tard avec des médicaments et du sang fournis par la famille, puis un transfert en réanimation sans informations claires communiquées aux proches.
Le mari affirme également que l’annonce du décès serait intervenue dans l’après-midi, alors que l’acte de décès mentionnerait une heure antérieure. Il met en cause la gestion de l’hémorragie post-partum, regrette de ne pas avoir été associé à certaines décisions médicales et évoque un cas similaire survenu dans le même établissement, sans en apporter la preuve.
Face à ces accusations, l’Ordre des médecins adopte une position prudente. Tout en exprimant sa solidarité avec les familles touchées, il rappelle que « nul n’a le droit de se faire justice soi-même » et que les réseaux sociaux ne peuvent se substituer aux institutions compétentes. Selon l’ONMB, seules les juridictions habilitées peuvent établir les faits, déterminer d’éventuelles responsabilités et rendre justice dans le respect des lois en vigueur.
L’Ordre se dit toutefois disposé à assumer pleinement son rôle si des manquements professionnels venaient à être établis. Il réaffirme son engagement à accompagner les enquêtes, à veiller au respect de l’éthique médicale et à sanctionner tout manquement avéré. L’institution rappelle également que la mission fondamentale du médecin demeure la protection de la vie et de la dignité humaine.
Enfin, l’ONMB invite les citoyens à faire confiance aux mécanismes institutionnels et à privilégier les voies légales pour toute dénonciation liée à la sécurité des patients et à la qualité des soins au Bénin.
Cette réaction intervient alors que la direction du CHUD/Ouémé a déjà annoncé l’ouverture d’une enquête interne pour faire la lumière sur les circonstances du décès. L’Autorité de régulation du secteur de la santé (ARS) ne s’est pas encore officiellement prononcée, mais pourrait, le cas échéant, diligenter des contrôles et recommander des mesures correctives ou des sanctions.



