La mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) a exprimé dimanche sa préoccupation après des informations selon lesquelles un haut responsable militaire aurait incité ses troupes à attaquer des civils dans l’État de Jonglei. Selon l’ONU, plus de 180 000 personnes ont été déplacées dans cette région, alors que les combats entre les principales factions signataires de l’accord de paix de 2018 continuent de provoquer des dégâts considérables.
« Les dirigeants continuent de réaffirmer leur engagement pour la paix, mais les hostilités et les violations du cessez-le-feu persistent », a souligné la MINUSS. Graham Maitland, chef par intérim de la mission, a dénoncé « une rhétorique incendiaire appelant à la violence contre les civils, y compris les plus vulnérables », et a appelé à un arrêt immédiat de ces incitations. Il a exhorté les dirigeants à respecter l’accord de paix et à prioriser l’intérêt de la population, notamment par un retour à une prise de décision consensuelle et un partage du pouvoir effectif.
Le Soudan du Sud, devenu indépendant en 2011, reste fragile depuis le déclenchement du conflit en décembre 2013 après la destitution du vice-président Riek Machar par le président Salva Kiir. Malgré les accords de paix de 2018 et 2022, l’instabilité persiste, illustrée par l’intervention de la milice White Army en février dernier dans l’État du Upper Nile, et l’arrestation de plusieurs responsables liés au Mouvement populaire de libération du Soudan-Opposition (SPLM-IO). Riek Machar et d’autres figures de l’opposition font face à de graves accusations, allant de meurtre à crimes contre l’humanité, en passant par incitation à la violence et destruction de biens publics.


