À Tripoli, le Sommet de l’énergie et de l’économie de la Libye 2026 a officiellement démarré samedi, avec des annonces majeures dans le secteur énergétique. Dès la première journée, des accords et mémorandums d’entente ont été conclus, portant des projections de revenus estimées à plus de 376 milliards de dollars pour l’État libyen.
Selon le portail officiel du Gouvernement d’unité nationale, l’événement, prévu sur trois jours, enregistre une forte mobilisation internationale. Des entreprises venues de France, des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Italie et de Türkiye prennent part aux travaux, confirmant l’intérêt croissant des acteurs mondiaux pour le marché énergétique libyen.
Parmi les décisions phares figure la conclusion d’un accord de développement à long terme, d’une durée de 25 ans, au sein de la société nationale Waha Oil Company. Ce partenariat associe la compagnie française TotalEnergies et l’américaine ConocoPhillips. Le projet prévoit plus de 20 milliards de dollars d’investissements, financés sans pression supplémentaire sur le budget public, avec pour objectif de porter la production à 850 000 barils par jour. Les revenus nets attendus pour l’État sont évalués à plus de 376 milliards de dollars.
D’autres engagements ont également été actés. Un mémorandum d’entente a été signé avec la société américaine Chevron afin d’explorer des opportunités dans l’exploration, le développement de champs et l’amélioration des taux de récupération. Un accord de coopération a aussi été conclu avec l’Égypte, couvrant l’exploration, la production et les services logistiques liés au secteur énergétique.
L’ouverture du sommet s’est déroulée en présence du chef du Gouvernement d’unité nationale, Abdel Hamid Dbeibeh, du ministre égyptien du Pétrole, Karim Badawi, du ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, ainsi que de nombreux responsables et représentants de compagnies internationales.
Dans son discours, Abdel Hamid Dbeibeh a estimé que ce sommet marque une étape structurante pour le secteur énergétique et illustre le retour progressif de la Libye dans le paysage énergétique régional et mondial. Il a insisté sur le caractère stratégique du dossier énergétique, directement lié à la stabilité, à la croissance économique et à l’amélioration des services publics.
Le chef du gouvernement a souligné que les efforts récents ont porté sur la régularité de la production, le renforcement de l’efficacité opérationnelle et la clarification du cadre des partenariats et des investissements. Il a rappelé qu’en 2025, la Libye a atteint une production quotidienne de 1,37 million de barils, un niveau inédit depuis plus de douze ans, soutenu par la mise en exploitation de nouveaux champs et le lancement d’un appel d’offres pour l’exploration terrestre et offshore, le premier depuis plus de dix-sept ans.
Abdel Hamid Dbeibeh a également mis en avant l’intérêt américain pour le secteur énergétique libyen, précisant que les accords impliquant des entreprises américaines sont conclus sous la supervision directe du Gouvernement d’unité nationale, en présence de Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump.
Enfin, le Premier ministre a annoncé le lancement de la stratégie nationale pour les énergies renouvelables, inscrite dans la dynamique de réduction des émissions et de promotion de la durabilité. Il a confirmé la poursuite de l’initiative « Libye verte », qui prévoit la plantation de 100 millions d’arbres, et réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir le secteur énergétique afin de transformer les annonces du sommet en projets concrets au bénéfice de l’économie et des citoyens libyens.



