La Grèce veut renforcer son arsenal juridique contre le trafic illégal de migrants. Le ministère des Migrations a annoncé, samedi, le dépôt au Parlement d’un projet de loi prévoyant un durcissement généralisé des sanctions, avec notamment la prison à perpétuité pour les passeurs.
Le texte prévoit aussi l’expulsion immédiate des migrants condamnés pour des délits. Le ministère affirme vouloir frapper « à tous les niveaux » les réseaux de trafic, sous l’autorité de Thanos Plevris, ancien membre d’un parti d’extrême droite.
La réforme cible également l’assistance apportée aux migrants en situation irrégulière. Les membres d’ONG poursuivis pour trafic de migrants encourraient désormais des peines de prison renforcées. Le Parlement doit examiner le projet de loi la semaine prochaine.
Cette orientation provoque une vive opposition. Cinquante-six ONG, dont Médecins du Monde et Médecins sans Frontières, demandent le retrait immédiat de plusieurs articles. Elles dénoncent la requalification de certains délits en crimes passibles de peines allant jusqu’à dix ans de prison et de lourdes amendes.
Les organisations critiquent aussi les pouvoirs accordés au ministère, qui pourrait radier une ONG du registre officiel et suspendre ses activités sur la base de simples poursuites judiciaires, sans condamnation préalable.
La Grèce reste confrontée à de nombreuses procédures judiciaires visant des humanitaires et des migrants accusés d’être passeurs. Le 15 janvier, vingt-quatre humanitaires, dont Sarah Mardini, ont été acquittés par un tribunal de Lesbos après avoir risqué jusqu’à vingt ans de prison.
Parallèlement au volet répressif, le gouvernement entend encourager l’immigration légale. Le projet de loi prévoit de faciliter le recrutement de travailleurs étrangers, de créer un visa spécifique pour les entreprises de haute technologie et d’adapter les titres de séjour pour les étudiants originaires de pays tiers.
Des programmes de formation professionnelle sont aussi annoncés pour les demandeurs d’asile et réfugiés, dans des secteurs en manque de main-d’œuvre comme la construction, l’agriculture et le tourisme.



