Deux chroniqueurs tunisiens connus, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale », selon des médias locaux.
Les deux hommes sont en détention depuis près de deux ans, après des prises de position jugées critiques à l’égard du pouvoir du président Kaïs Saïed, exprimées dans des émissions de radio et de télévision ainsi que sur les réseaux sociaux. Initialement condamnés à un an de prison, leur peine avait été réduite à huit mois en appel.
Ils auraient dû être libérés en janvier 2025, mais leur détention a été prolongée dans le cadre d’une nouvelle procédure portant sur des accusations de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.
Lors de la dernière audience, Mourad Zeghidi a demandé sa libération, tandis que Borhen Bsaies a appelé à ce que justice lui soit rendue, a indiqué l’avocat du premier, Ghazi Mrabet. Un autre avocat de M. Zeghidi, Fethi Mouldi, a affirmé que son client était poursuivi pour une déclaration fiscale incomplète, une situation qui aurait été régularisée, ce qui, selon lui, invaliderait l’accusation de blanchiment d’argent.
Les arrestations de MM. Zeghidi et Bsaies avaient eu lieu dans un contexte marqué par l’interpellation d’autres figures médiatiques et militantes, notamment l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, libérée fin novembre, ainsi que plusieurs militants engagés dans l’aide aux migrants.
Depuis le 25 juillet 2021, date à laquelle le président Kaïs Saïed s’est octroyé l’ensemble des pouvoirs, de nombreuses organisations tunisiennes et internationales de défense des droits humains dénoncent une régression des libertés publiques et de l’État de droit en Tunisie.



