Trois cadres influents du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) ont été reçus, mercredi 21 janvier 2026 à Abidjan, par Henriette Konan Bédié, veuve de l’ancien président du parti, dans un contexte marqué par de fortes tensions internes au sein de la principale formation de l’opposition ivoirienne.
Il s’agit des députés-maires Emmou Sylvestre (Port-Bouët), Jacques Ehouo (Le Plateau) et Jean-Marc Yacé (Cocody), tous responsables de communes stratégiques du district d’Abidjan. Présentée comme une visite de courtoisie, la rencontre intervient dans un climat politique délétère, alimenté par des soupçons de dissidence et des débats sur la gouvernance du parti.
Les trois élus expliquent leur démarche par leur attachement à l’héritage politique et moral de feu Henri Konan Bédié, ancien président de la République et figure historique du PDCI-RDA. Une manière, selon eux, de réaffirmer leur fidélité à l’idéologie du parti et à sa ligne politique actuelle.
Cependant, cette initiative intervient alors que la position du président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, continue de susciter des interrogations. Écarté de l’élection présidentielle d’octobre 2025 pour des questions liées à la double nationalité, l’ancien dirigeant de Crédit Suisse vit hors de Côte d’Ivoire depuis plusieurs mois. Cette absence prolongée alimente des critiques internes, certains militants estimant qu’elle fragilise la capacité du parti à faire face aux enjeux politiques nationaux.
La tension s’est accentuée après de récentes déclarations de Jean-Marc Yacé. Dans une interview accordée à un média proche du PDCI, le vice-président du parti a estimé que « le PDCI-RDA n’appartient à personne » et que l’unité du parti « ne se décrète pas par l’intimidation », mais par une gouvernance adaptée aux réalités du moment. Des propos perçus par une partie de la base comme une remise en cause directe de la direction actuelle.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été vives. Les trois élus ont été la cible d’attaques verbales, certains militants les accusant ouvertement de trahison. Cette crispation s’explique par la fragilité politique du parti, affaibli par sa lourde défaite aux dernières élections législatives, au cours desquelles il a perdu près de la moitié de ses sièges à l’Assemblée nationale.
À l’heure où se poursuivent les discussions politiques autour de la formation d’un nouveau gouvernement, ces mouvements de cadres renforcent les craintes d’une implosion interne ou de ralliements individuels au pouvoir.
Entre appels au renouveau et exigence de loyauté sans réserve envers la direction, le PDCI-RDA apparaît plus que jamais à un tournant décisif de son histoire.


