
La nouvelle configuration de l’Assemblée nationale issue des dernières élections législatives consacre une recomposition politique majeure, marquée par l’émergence de leaders désormais élus sous les couleurs du Bloc Républicain (BR) et de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR). Cette dynamique illustre moins une rupture qu’un réalignement stratégique, révélateur de la maturation du jeu politique béninois et de l’évolution des rapports de force au sein du Parlement.
Fait notable, plusieurs de ces figures avaient été élues sous la bannière du parti Les Démocrates (LD) lors de la mandature précédente. Houmenou Dénise, Do-Régo B. Léansou, Adjovi Chantale, Godonou Joël, Nahum Constant et Sodjinou Michel, aujourd’hui membres de l’UPR et du BR, ont été élus dans les 15e, 16e et 19e circonscriptions électorales. Leur retour à l’Assemblée nationale, sous de nouvelles appartenances partisanes, témoigne d’un transfert de légitimité qui dépasse les étiquettes politiques.
Ces anciens députés LD avaient déjà démontré, lors de la législature précédente, une forte implantation locale et une capacité à mobiliser durablement leurs électorats respectifs. Leur réélection confirme que la confiance populaire s’est portée avant tout sur les hommes et les femmes, davantage que sur les partis. Dans leurs fiefs, les électeurs ont renouvelé leur soutien à des leaders qu’ils identifient comme proches de leurs réalités et aptes à défendre efficacement leurs intérêts au niveau national.
Ce basculement vers le BR et l’UPR s’inscrit dans une recomposition plus large de l’espace politique, marquée par la recherche de cadres institutionnels plus structurés et par une volonté affichée de peser davantage sur l’action parlementaire. En rejoignant ces formations, ces élus renforcent la diversité interne des groupes majoritaires et contribuent à donner à la prochaine mandature un visage pluriel, nourri de parcours politiques différents.
La présence de Houmenou Dénise, Do-Régo B. Léansou, Adjovi Chantale, Godonou Joël, Nahum Constant et Sodjinou Michel augure d’une animation parlementaire soutenue. Forts de leur expérience antérieure et de leur enracinement territorial, ils sont appelés à jouer un rôle central dans les travaux législatifs, le contrôle de l’action gouvernementale et la médiation entre les institutions et les populations.
À travers cette recomposition, l’Assemblée nationale apparaît comme le théâtre d’un renouvellement stratégique des leaderships. L’intégration d’anciens députés LD au sein du BR et de l’UPR illustre une recomposition politique fondée sur la reconnaissance locale, la continuité de l’engagement et la recherche d’une efficacité institutionnelle accrue. Plus qu’un simple changement de couleurs politiques, il s’agit d’un repositionnement durable appelé à influencer profondément les équilibres de la prochaine mandature.




