Le Maroc et la République démocratique du Congo veulent transformer leur rapprochement politique en alliance économique structurante. Réunis à Rabat en marge de la Coupe d’Afrique des Nations, les deux pays ont affiché leur ambition de bâtir des partenariats fondés sur l’investissement durable et la complémentarité de leurs économies.
À l’initiative du Think Tank RDC Stratégie, avec l’appui de la Confédération générale des entreprises du Maroc et de l’Association marocaine des exportateurs, un forum de haut niveau a réuni décideurs publics et acteurs économiques autour du thème des partenariats stratégiques entre Kinshasa et Rabat. L’objectif est clair : passer des intentions aux projets concrets.
Cette dynamique s’inscrit dans la vision marocaine de la coopération Sud-Sud et dans la politique d’ouverture économique de la RDC. Les deux parties entendent ancrer leur relation dans des investissements mutuellement bénéfiques, capables de soutenir la croissance et l’intégration africaine.
Pour Bodom Matungulu, président du Think Tank RDC Stratégie, le renforcement des partenariats intra-africains est une nécessité stratégique. Il rappelle que le commerce entre pays africains reste faible malgré un potentiel considérable, freinant la capacité du continent à peser dans l’économie mondiale.
Selon lui, une coopération renforcée est indispensable pour permettre à l’Afrique de rattraper ses retards structurels et de s’imposer dans la transition énergétique et la quatrième révolution industrielle. Il met en avant la forte complémentarité entre les économies marocaine et congolaise comme base de chaînes de valeur africaines intégrées.
La RDC occupe une position centrale dans la production de cobalt, essentiel aux batteries électriques. Le Maroc est un acteur mondial majeur du phosphate et des engrais, indispensables à la sécurité alimentaire. La stratégie commune repose sur la transformation locale des ressources, afin de rompre avec le modèle purement extractif.
Ce partenariat offrirait au Maroc un accès sécurisé à des matières premières critiques, tandis que la RDC bénéficierait de l’expertise marocaine en industrialisation et en structuration de filières. Les deux pays y voient un levier pour renforcer leur souveraineté économique.
Les secteurs du tourisme, des infrastructures et des investissements durables sont identifiés comme prioritaires. Au-delà des capitaux, l’accent est mis sur le capital humain, considéré comme le socle de cette coopération. La formation des jeunes, ingénieurs et décideurs est présentée comme une condition de réussite des projets communs.



