
L’année 2026 s’annonce décisive pour l’Afrique subsaharienne. Plusieurs pays de la région entrent dans un cycle électoral dense, marqué par des enjeux politiques, sécuritaires et économiques élevés. Présidentielles, législatives et élections locales sont prévues dans un contexte de fortes attentes démocratiques et de tensions persistantes dans certains États.
En Ouganda, des élections générales sont organisées pour renouveler la présidence et le Parlement. Yoweri Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis près de quatre décennies, vise un nouveau mandat sous les couleurs du Mouvement de résistance nationale. Il affronte plusieurs candidats, dont Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, principal opposant arrivé deuxième au scrutin précédent. La commission électorale recense plus de 21 millions d’électeurs, un chiffre en hausse notable. Le processus se déroule sous haute surveillance, après une campagne marquée par des restrictions sur les rassemblements et les médias.
En République du Congo, la présidentielle est programmée pour le 22 mars. Le scrutin se tient au suffrage universel à deux tours pour un mandat de cinq ans. Denis Sassou Nguesso, en fonction depuis 1997, a été investi par son parti et se présente à nouveau. Face à lui, des formations d’opposition s’organisent progressivement, dans un paysage politique encore marqué par les résultats contestés du scrutin précédent et une participation officiellement élevée.
Au Bénin, l’élection présidentielle est fixée au 12 avril, avec un second tour prévu en mai si nécessaire. Le chef de l’État sortant, Patrice Talon, ne participe pas à la course. Le cadre électoral impose des règles strictes de parrainage et la présentation de tickets présidentiels. Deux binômes ont été validés par les institutions compétentes, tandis que d’autres candidatures ont été écartées pour non-respect des exigences légales. Le corps électoral compte environ 6,6 millions d’inscrits.
En Éthiopie, des élections générales sont annoncées pour renouveler partiellement la Chambre des représentants. Près de 500 sièges doivent être pourvus sur les 547 que compte l’assemblée. Le scrutin intervient après plusieurs reports liés aux conflits internes, notamment la guerre du Tigré. Le Parti de la prospérité, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed, domine largement le Parlement sortant. Le vote se tient dans un contexte sécuritaire fragile, sur fond de tensions persistantes dans plusieurs régions du pays.
La Zambie organise des élections générales en août pour élire le président, les députés et les autorités locales. Le président Hakainde Hichilema, arrivé au pouvoir en 2021, cherche à obtenir un nouveau mandat. Le scrutin présidentiel se déroule à deux tours. Plus de sept millions d’électeurs sont attendus, dans un pays qui avait salué la crédibilité du processus électoral précédent.
En Gambie, la présidentielle est prévue pour le 5 décembre. Le président Adama Barrow, en poste depuis 2017, ambitionne un troisième mandat. Sa candidature suscite des débats, notamment après l’échec d’une réforme constitutionnelle destinée à limiter le nombre de mandats. Le pays conserve son système électoral singulier basé sur le vote par billes, toujours en vigueur.
Au Soudan du Sud, des élections générales sont annoncées pour la fin de l’année. Elles seraient les premières depuis l’indépendance du pays en 2011. Le scrutin a été reporté à plusieurs reprises en raison de conflits armés, de contraintes financières et de réformes institutionnelles inachevées. Le président Salva Kiir devrait se représenter, dans un climat politique tendu, marqué par des divisions au sommet de l’État et des critiques persistantes de l’opposition.
Par ailleurs, d’autres pays d’Afrique subsaharienne se préparent à des échéances électorales dont les calendriers restent incertains. Au Cap-Vert, des législatives sont attendues avant une présidentielle prévue plus tard dans l’année. À Djibouti, une élection présidentielle est envisagée après des changements constitutionnels controversés. À Sao Tomé-et-Principe, des scrutins présidentiel et législatif sont annoncés sur fond de tensions institutionnelles. Au Cameroun, des élections parlementaires doivent se tenir après un report, dans un contexte de critiques répétées sur la gestion du calendrier électoral.
Dans l’ensemble, ces consultations électorales constituent un test majeur pour la gouvernance démocratique en Afrique subsaharienne en 2026, dans une région confrontée à la fois à des aspirations populaires fortes et à des défis structurels durables.




