Le procès en appel du politologue François Burgat n’aura finalement pas lieu à la date initialement prévue. L’audience, programmée le 14 janvier, a été renvoyée au 29 avril à la demande de ses avocats, Lucie Simon et Rafik Chekkat.
Ancien chercheur au CNRS et spécialiste reconnu du monde arabe, François Burgat avait été relaxé en première instance le 28 mai 2025 par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. Il était poursuivi pour apologie du terrorisme à la suite de publications liées à la guerre à Gaza. Malgré cette relaxe, le parquet a décidé de faire appel, prolongeant ainsi la procédure judiciaire.
Selon la défense, ce renvoi vise à préparer dans de meilleures conditions une audience en appel jugée déterminante, tant pour le sort personnel de l’universitaire que pour les principes de fond soulevés par l’affaire. Ses conseils dénoncent depuis le début une procédure qu’ils considèrent comme révélatrice d’une judiciarisation croissante du débat intellectuel et universitaire en France.
Âgé de 77 ans, François Burgat avait évoqué, après le premier procès, le poids moral et matériel d’une mise en cause pénale, indépendamment même de l’issue favorable. Sa relaxe avait alors été perçue par ses soutiens comme un désaveu clair des poursuites engagées contre lui.
Le report de l’audience en appel prolonge toutefois l’incertitude judiciaire. Au-delà de sa situation personnelle, le dossier continue d’alimenter le débat sur la liberté d’expression, la recherche académique et la place accordée au débat public autour de la question palestinienne en France.
François Burgat est poursuivi notamment pour deux prises de position publiques : des propos comparant des dirigeants du Hamas et des responsables israéliens, ainsi qu’un message exprimant un sentiment d’injustice après la condamnation d’Abdelhakim Sefrioui dans le cadre du procès lié à l’assassinat de Samuel Paty. L’universitaire affirme que ses déclarations relèvent d’une analyse politique et d’une critique du cadre juridique, et non d’une apologie de la violence.
Face à ce qu’ils estiment être une multiplication de procédures visant des figures pro-palestiniennes, des soutiens ont mis en place un comité de solidarité au début du mois d’avril afin d’accompagner François Burgat dans cette nouvelle phase judiciaire.



