Verkor inaugure sa première gigafactory de batteries dans le Nord

 

 

Le fabricant français Verkor a inauguré jeudi 11 décembre sa première gigafactory à Bourbourg, dans le Nord. Cette usine devient la troisième implantée dans la vallée française de la batterie, qui se structure malgré un climat d’incertitude pour l’industrie automobile européenne.

Benoît Lemaignan, président et cofondateur de Verkor, affirme que l’entreprise avance malgré les doutes entourant le secteur. Il rappelle que Verkor, fondée en 2020 à Grenoble, doit fournir Renault, qui détient 10 % de son capital. Il estime que la filière européenne a besoin de protection et attend les arbitrages de la Commission européenne.

Bruxelles doit décider mardi d’un éventuel assouplissement de l’interdiction des ventes de voitures neuves thermiques à partir de 2035. Plusieurs États, dont l’Allemagne, jugent cet objectif difficile à tenir. Les constructeurs automobiles expriment la même inquiétude. Un report de l’échéance risquerait de freiner la transition électrique et de fragiliser les projets européens liés aux batteries.

Emmanuel Macron salue cette inauguration dans un communiqué et évoque un pas supplémentaire vers l’autonomie technologique et énergétique de la France. À Bourbourg, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, réaffirment la position française. Ils défendent la trajectoire du tout-électrique et réclament une préférence européenne pour les composants produits dans l’UE.

Monique Barbut juge indispensable de récompenser les constructeurs qui choisissent des batteries fabriquées sur le sol européen. Sébastien Martin parle d’un esprit de résistance et de combat pour la réindustrialisation. Il reconnaît toutefois que l’Europe devra faire preuve d’une forte volonté pour soutenir cette ambition. Il estime que l’UE pourrait introduire une certaine flexibilité, car atteindre le 100 % électrique en 2035 reste difficile.

Verkor a lancé en 2023 la construction de son usine de 100 000 m². Les premières batteries sont destinées aux modèles Alpine et aux utilitaires FlexEVan de Renault. Benoît Lemaignan indique que d’autres clients potentiels se montrent intéressés mais veulent d’abord vérifier la capacité de production.

Le projet représente un investissement de 1,5 milliard d’euros, dont près de la moitié financée par des aides publiques. Verkor prévoit 1 200 emplois et annonce une commercialisation des premières cellules début 2026. La production vise l’équivalent de 300 000 véhicules électriques par an à l’horizon 2027. L’usine pourra être agrandie pour augmenter sa capacité.

La vallée française de la batterie compte déjà deux autres gigafactories, avec celles d’ACC et d’AESC. Le taïwanais ProLogium a reporté à 2028 l’ouverture de son site de Dunkerque afin d’adapter sa technologie lithium-céramique de nouvelle génération.

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