Djibouti : la limite d’âge pour la présidence définitivement supprimée

 

L’Assemblée nationale a adopté, dimanche, en seconde lecture, une révision constitutionnelle supprimant la limite d’âge de 75 ans pour les candidats à la magistrature suprême. Cette décision ouvre la voie au président Ismaïl Omar Guelleh, 77 ans, pour briguer un sixième mandat lors de l’élection présidentielle d’avril 2026.

Réunis en séance plénière sous la présidence de Dileita Mohamed Dileita, les 65 députés ont approuvé à l’unanimité la modification de l’article 23 de la Constitution, qui fixe désormais comme seules conditions d’éligibilité l’âge minimum de 40 ans, la détention exclusive de la nationalité djiboutienne et la résidence sur le territoire national.

Cette révision intervient après une première adoption le 26 octobre 2025 et la validation du texte par le chef de l’État le 27 octobre. Elle constitue la première réforme constitutionnelle depuis 2010, année où le Parlement avait supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels tout en introduisant la tranche d’âge de 40 à 75 ans pour les candidats.

Lors de la présentation du rapport, le député Abdi Issa Boulaleh a justifié la mesure par la volonté de « consolider l’État de droit » et de « renforcer la stabilité institutionnelle ». Les présidents des groupes parlementaires RPP et FRUD ont salué un « consensus historique », tandis que la cheffe de file de l’opposition, Ilaya Ismaël Guédi (UDJ), a appelé à une « réforme constitutionnelle plus inclusive, à la hauteur des aspirations démocratiques du peuple djiboutien ».

Le président de l’Assemblée a défendu la suppression de la limite d’âge en la présentant comme « une garantie de continuité et de stabilité dans une région marquée par les turbulences politiques ».

Le Premier ministre Abdoulkader Kamil Mohamed, présent à la session, a qualifié l’adoption de cette révision d’« étape décisive dans la continuité républicaine et la modernisation du système institutionnel djiboutien ».

 

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