Le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, a alerté le Premier ministre Benyamin Netanyahu sur les dangers que ferait peser une nouvelle offensive terrestre dans la bande de Gaza sur les captifs israéliens détenus par le Hamas. D’après le journal Yedioth Ahronoth, Zamir a expliqué que les deux objectifs majeurs de la guerre l’élimination du Hamas et la libération des captifs – pourraient entrer en contradiction. « Il faut considérer que si une vaste opération au sol est engagée, nous pourrions perdre les captifs », a-t-il déclaré.
Ces propos interviennent alors que des tensions apparaissent entre responsables militaires et politiques israéliens, qui divergent sur les priorités de l’action en cours. Zamir a renouvelé ses mises en garde lors d’une réunion sécuritaire présidée par Netanyahu vendredi dernier, en présence du ministre de la Défense Israël Katz. Le chef du gouvernement a tout de même ordonné l’élargissement de l’offensive terrestre, mobilisant plusieurs dizaines de milliers de réservistes.
Dans le même temps, les familles des captifs ont exprimé leur indignation. « Il n’y aura pas de victoire sans leur retour. Leur mort serait une perte nationale », ont-elles réagi, insistant sur le lien entre sécurité nationale et libération des otages. Selon les chiffres avancés par Tel-Aviv, 59 Israéliens seraient encore détenus dans la bande de Gaza, dont 24 seraient en vie. Parallèlement, les organisations de défense des droits humains dénoncent le sort de plus de 9 900 Palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes, exposés à la torture, à la malnutrition et à des négligences médicales. Plusieurs en seraient morts.
Samedi, des milliers d’Israéliens ont défilé dans les rues de Tel-Aviv pour dénoncer une guerre qu’ils jugent suicidaire. Selon eux, l’élargissement de l’offensive met en péril les captifs et pourrait rendre impossible la récupération de leurs dépouilles.
Un accord de cessez-le-feu, conclu sous médiation égyptienne et qatarie avec l’appui des États-Unis, avait permis un premier échange de prisonniers à partir du 19 janvier 2025. Mais début mars, cette trêve a pris fin. Malgré le respect des engagements par le Hamas, Netanyahu a bloqué la seconde phase de l’accord et relancé les hostilités le 18 mars, sous la pression de l’aile la plus radicale de sa coalition. Depuis le 7 octobre 2023, l’armée israélienne mène une guerre destructrice à Gaza avec l’appui de Washington. Le bilan palestinien dépasse les 170 000 victimes, morts et blessés confondus, en majorité des femmes et des enfants.



